Sanaä K : l'illustratrice du "moi" universel

Le Silence des Étoilesest une BD illustrée à merveille qui raconte la reconstruction du personnage principal Sanaä après sa rupture avec Ismaël. Cebâtardqu’on a toutes envie de détester a fait souffrir le personnage principal auquel on s’attache (ou l’auteure ?) en la ghostantsans avoir eu les cojonesde lui dire qu’il ne voulait plus de cette relation.

Le personnage du petit cœur présent sur la page Instagram de Sanaä qui avait suscité une vague d’émotions et de messages de courage n’apparait pas dans la BD. On y voit une jeune femme seule avec elle-même, tentant de faire face à ce silence dans les étoiles, à ces questions sans réponses et à cette douleur. Ce n’est pas tant la douleur banale et éphémère des films de Netflix qui est évoquée ici mais plutôt la douleur longue et difficile, celle dont on a l’impression qu’elle ne nous quittera jamais. 

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À propos d'Edouard Louis, revue : Qui a tué mon père ; En finir avec Eddy Bellegueule

On a affaire à une réflexion sur l’essence de l’homme, les contradictions qui l’habitent entre rationalité et amour : il y a un passage marquant où Édouard raconte que son père disait aux gens avec fierté que son fils était un intellectuel, qu’il ferait de grandes études et qu’il était le plus intelligent de la famille. Ce n’est pas des choses qu’il lui disait directement, préférant lui reprocher de parler comme un bourgeois lorsqu’il s’est installé à Paris. C’est très révélateur de cette ambivalence, je t’aime alors ne pars pas trop loin, je t’aime et j’aimerais que tu continues à être qui tu es. Tu es homosexuel, tu n’es pas à l’image du fils que j’ai désiré mais tu restes mon fils

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Savoir être soi, le mimétisme des femmes de ma vie

J’ai toujours admiré la force de caractère de ma mère à savoir se débrouiller sans quérir l’aide de personne. J’ai admiré sa force comme j’ai pu admirer la force de mes grands-mères, comme celle de mes tantes, comme celle de mes cousines et celle de mes amies les plus proches.

Il faut dépendre de personne, hein, tu sais ça ? c’est important pour son épanouissement, pour soi, d’être indépendante, Mona. Évidemment que j’ai la meilleure mère du monde entier quand j’observe de loin, ou de près, tous les sacrifices qu’elle a fait pour moi. Quand je vois le modèle de femme indépendante qu’elle s’est tenue de suivre, pour elle et pour moi. C’est son honnêteté qui a forgé mon caractère libre et honnête, comme elle.

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L’hypocrisie langagière ou le mépris des classes bourgeoises

En fait, ce souci de langage, c’est un contraste avec l’exigence langagière qui diffère parmi les milieux. On parle de « commémoration » et de « devoir de mémoire » seulement quand ça arrange. Je n’ai jamais entendu personne commémorer mon grand-père qui se s’est battu pendant la guerre d’Algérie, je n’ai jamais entendu personne considérer qu’il était d’un « devoir de mémoire » de ne pas oublier l’extension coloniale impériale de la France et de se souvenir de la colonisation de mes familles.

 

J’ai jamais rien entendu de tel, ni moi, ni aucun des miens.

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L'altérité d'être soi

L’altérité d’être soi, c’est la prise de conscience que j’aie eue d’une part de maîtriser des compétences littéraires scolaires censées me permettre d’intégrer l’ENS. D’autre part, c’était de comprendre que ces connaissances ne pouvaient se figer à ma vie et de me bousculer dans un monde qui est le mien dans lequel je ne parlais ni de Roland Barthes ni de Nathalie Sarraute. Personne ne parle d’eux et ma vie ne parle pas de ce qu’ils disent dans leurs livres.

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